samedi 13 août 2016

La missive






Je confie cette missive au bruissement des ailes d’une colombe en espérant qu’elle trouve la branche où se perche mon amour et qu’elle en rapporte le rameau salvateur.


Que n’ai-je pas vécu, subi, souffert depuis cette fois où mes yeux imprudents se posèrent sur ta beauté inouïe comme un papillon affamé s’en va butiner une fleur, source d’espérance et de félicité ! Sous une légère robe laissant deviner le galbe de ton corps-ô merveille !- à faire pâtir Vénus, dans le clair-obscure de ce crépuscule de décembre où le jour épousait la nuit comme mes yeux tes contours harmonieux, je te trouvais belle. Étrangement belle. Excessivement belle. Presqu’irréelle… 

On dirait une apparition ! Déjà je me voyais Adam consentant, pour l’amour de toi Ève, à croquer à la pomme défendue. À poser l’acte défendu. À goûter à la succulence de tes lèvres. J’étais déjà amoureux, déjà amoureux de toi. Follement. Fatalement.

Depuis cet instant où tu m’apparus, tu assièges mes pensées. Jour et nuit. Ici et ailleurs. Tu devins cette force omnipotente et omniprésente qui tient les rênes de mon cœur confus, soumis, pitoyable. Toujours je coure après ton ombre m’efforçant, dans un babil angoissé, de te convaincre de me jeter un regard. Un seul. Mais cette ombre me glisse des doigts, fluide, à chaque fois. Pour l’amour du ciel, donne-moi la clarté de tes yeux, la limpidité de ta voix, ta peau suave suave, le canon de tes seins et ce dont je devine le couloir à l’ombre de ta jupe ! Donne-toi à moi. Donne-moi ton cœur. Je te veux.

On est fait l’un pour l’autre. Ta courbure accuse une virginité sans rature, sans biffe. C’est que tu ne m’as pas encore pris, quoique je sois à ta merci. Il te faut moi et moi seul ! S’il advient qu’à la faveur de faux phares fuyants, de phares faux-fuyant tu mouilles l’ancre à un autre port, ma lumière te hantera et les vagues houleuses du regret te bouleverseront. Jour et nuit. Partout ailleurs. Sans moi tu resteras vierge même ayant vécu toutes les guerres. J’ai la folie de toi. L’absurdité. Le péché mortel ou véniel. Tout ça…Car ce que je te porte c’est juste un trop-plein d’amour. Sois à moi comme moi je suis à toi.

Je confie cette missive à la discrétion de la brise vespérale qui fait frissonner la branche où se perche mon amour…en espérant qu’elle pourra me le ramener.



Froebel Adler Kerschens PAULÉMON, 2009

Membre du CAD ,

Etudiant Finissant en Architecture ,Université INUKA

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