
Je
confie cette missive au bruissement des ailes d’une colombe en espérant qu’elle
trouve la branche où se perche mon amour et qu’elle en rapporte le rameau
salvateur.
Que n’ai-je pas vécu, subi, souffert
depuis cette fois où mes yeux imprudents se posèrent sur ta beauté inouïe comme
un papillon affamé s’en va butiner une fleur, source d’espérance et de
félicité ! Sous une légère robe laissant deviner le galbe de ton corps-ô
merveille !- à faire pâtir Vénus, dans le clair-obscure de ce crépuscule
de décembre où le jour épousait la nuit comme mes yeux tes contours harmonieux,
je te trouvais belle. Étrangement belle. Excessivement belle. Presqu’irréelle…
On dirait une apparition ! Déjà je me voyais Adam consentant, pour l’amour de toi Ève, à croquer à la pomme défendue. À poser l’acte défendu. À goûter à la succulence de tes lèvres. J’étais déjà amoureux, déjà amoureux de toi. Follement. Fatalement.
On dirait une apparition ! Déjà je me voyais Adam consentant, pour l’amour de toi Ève, à croquer à la pomme défendue. À poser l’acte défendu. À goûter à la succulence de tes lèvres. J’étais déjà amoureux, déjà amoureux de toi. Follement. Fatalement.
Depuis cet instant où tu m’apparus, tu
assièges mes pensées. Jour et nuit. Ici et ailleurs. Tu devins cette force
omnipotente et omniprésente qui tient les rênes de mon cœur confus, soumis,
pitoyable. Toujours je coure après ton ombre m’efforçant, dans un babil
angoissé, de te convaincre de me jeter un regard. Un seul. Mais cette ombre me
glisse des doigts, fluide, à chaque fois. Pour l’amour du ciel, donne-moi la
clarté de tes yeux, la limpidité de ta voix, ta peau suave suave, le canon de
tes seins et ce dont je devine le couloir à l’ombre de ta jupe ! Donne-toi
à moi. Donne-moi ton cœur. Je te veux.
On est fait l’un pour l’autre. Ta
courbure accuse une virginité sans rature, sans biffe. C’est que tu ne m’as pas
encore pris, quoique je sois à ta merci. Il te faut moi et moi seul ! S’il
advient qu’à la faveur de faux phares fuyants, de phares faux-fuyant tu
mouilles l’ancre à un autre port, ma lumière te hantera et les vagues houleuses
du regret te bouleverseront. Jour et nuit. Partout ailleurs. Sans moi tu
resteras vierge même ayant vécu toutes les guerres. J’ai la folie de toi.
L’absurdité. Le péché mortel ou véniel. Tout ça…Car ce que je te porte c’est
juste un trop-plein d’amour. Sois à moi comme moi je suis à toi.
Je
confie cette missive à la discrétion de la brise vespérale qui fait frissonner
la branche où se perche mon amour…en espérant qu’elle pourra me le ramener.
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